Un site en français, néerlandais et anglais : nécessaire à Bruxelles ?
Pour un commerce bruxellois, la réponse est presque toujours oui. Selon le baromètre linguistique BRIO 2024, 81 % des habitants de Bruxelles parlent français, 47 % anglais et 22 % néerlandais. Chaque langue que votre site ne parle pas, ce sont des clients qui ne vous trouvent pas, ou qui passent chez le voisin.
Par Jules Rouilly · Mis à jour le
Ce que disent les chiffres
Le baromètre linguistique BRIO (VUB) interroge les Bruxellois sur les langues qu’ils parlent. Les résultats de sa cinquième édition, présentés en 2024 :
- Français : 81 % des Bruxellois le parlent (contre 95,5 % en 2001).
- Anglais : 47 % (contre 33 % en 2001), et la tendance monte.
- Néerlandais : 22,3 %, en légère hausse depuis 2018.
- Trilingues français, néerlandais et anglais : 12,6 %.
- Plus de 100 langues différentes recensées dans l’enquête.
Pourquoi c’est un avantage pour être trouvé
Google, Bing et les assistants IA traitent chaque langue comme un marché à part. Une personne qui cherche « website laten maken Brussel » ou « restaurant near Flagey » ne voit que les pages écrites dans sa langue. Or la concurrence est bien plus faible en néerlandais et en anglais qu'en français : une page claire dans ces langues peut se placer beaucoup plus vite.
Qui cherche dans quelle langue ?
- En néerlandais : les Bruxellois néerlandophones, et les Flamands qui viennent travailler ou sortir à Bruxelles.
- En anglais : les expatriés, les fonctionnaires européens (Etterbeek, Woluwe), les étudiants internationaux et les touristes.
- En français : la majorité des habitants, et les Wallons de passage.
Bien faire un site multilingue
- Une adresse par langue (par exemple /nl et /en) plutôt qu’un bouton qui change le texte sur la même page : sinon, Google ne voit qu’une seule langue.
- Des balises hreflang qui indiquent aux moteurs que les trois pages sont la même, en trois langues.
- Une vraie rédaction, pas une traduction automatique brute : un client néerlandophone repère une phrase traduite mot à mot en une seconde, et la confiance s’en va.
- Les mots que les gens tapent dans chaque langue : on ne cherche pas « site vitrine » en néerlandais, on cherche « website laten maken ».
Par quelle langue commencer ?
Si le budget impose un choix : commencez par la langue de la majorité de vos clients actuels, puis ajoutez celle des clients que vous voulez gagner. Pour un restaurant près des institutions européennes, l'anglais passe souvent avant le néerlandais. Pour un artisan qui travaille aussi en périphérie flamande, c'est l'inverse.
Chez Cliko
Les trois langues sont prévues dans chaque site, de 750 à 1 200 € (voir tarifs). Le site que vous lisez en est l'exemple : chaque page existe en français, en néerlandais et en anglais, avec sa propre adresse.
Source
- BRIO, Taalbarometer 5 (VUB), résultats présentés en mai 2024 : 1 627 répondants.
Questions fréquentes
La traduction automatique ne suffit-elle pas ?
Elle aide à préparer un premier jet, mais un texte non relu sonne faux et peut contenir des erreurs gênantes, sur des prix ou des allergènes par exemple. Une relecture par quelqu’un qui parle la langue reste indispensable.
Est-ce obligatoire d’avoir un site bilingue à Bruxelles ?
Pour un commerce privé, non : les obligations linguistiques visent surtout les administrations. C’est un choix commercial, et il est rentable.